IDHWC - Ubersaxen 2003 : pêche aux gros ou pêche aux crevettes ?
En tout cas pêche sportive !
L’équipée sauvage, départ 6h30 entrée Stalingrad du Parc de la Tête
d’Or, réunissait dans l’ordre de poids, Christian, Nordine, Mathias,
Romain, Gamba 1 et Gamba 2, votre serviteuse, Vincent et Eddy. Le
premier qui me demande des chiffres est un goujat.
Pas grand-chose à dire du trajet via Genève, Lausanne, Berne, etc…
Rankweil et enfin Ubersaxen, Osterreich. Pas grand-chose à dire, si
ce n’est une consommation excessive par l’équipe, dès la frontière,
d’une boisson gazeuse au goût de chewing-gum et au nom inquiétant «
taureau rouge »… tout est dit… des descendeurs restent des
descendeurs !
Bon, sur notre route d’approche du village nous découvrons à
l’envers le parcours de la course. Dans la voiture d’Eddy, qui a
bien voulu me prendre à bord, les hommes, je le sens, sont tendus,
aux aguets, observant le moindre détail de l’asphalte, de la courbe,
de la pente, des arbres et précipices qui bordent leur prochaine
voie vers l’enfer… Les sourcils se froncent. Les regards clairs
s’obscurcissent. Les mâchoires viriles se serrent. Je sens
l’angoisse, palpable, étreindre leur poitrine musclée… Enfin, dans
le silence de mort, cri du cœur d’Eddy et Romain :
« Course de gros ! Fais ch… ! »
Eh oui ! il faut dire : 1- que le parcours présente beaucoup de
schuss et de grands virages, 2- que même sans les Gamba, je suis
dans une voiture de crevettes : Eddy, Romain, Vincent, dont le plus
lourd doit à peine dépasser les 65 kilos ! qui s’imaginent déjà
ramer face à l’imposant Oscar Galliazzo. Et que va faire notre
précieuse crevette magique… notre petit Benoît ? Le principal
intéressé décrète, à l’arrivée, que pas du tout, c’est un parcours
très technique et que sur du mouillé… tout est faisable… Haut les
cœurs !
C’est vrai qu’il flotte… qu’il fait froid… que ça n’a pas l’air de
vouloir se lever. Au mot de mouillé, Christian et Jean-Baptiste ont
verdi, Romain pali si c’est possible. Eddy annonce du grand
spectacle pour sa part, Vincent ne dit mot mais consent, Benoît
calcule déjà ses trajectoires…
Que les fortiches en descente me pardonnent, je ne peux pas vraiment
commenter la course de manière technique… juste donner la
température et rapporter mes émotions, qui furent fortes.
Notamment, lors des reconnaissances, voir Christian débouler en
pleine vitesse, « à tombeau ouvert » est l’expression la plus
parfaite, dans le fameux virage de l’hôtel, et s’emplafonner, pleine
face, la bordure de bottes de paille… et rester sonné quelques
minutes… comme j’aurais aimé que Natacha fût là pour le houspiller
de la peur qu’il nous a faite !
Quelle émotion aussi de voir Vincent, qui suivait Christian,
improviser un freeskate (bien obligé) en sautant par-dessus notre
imprudent vétéran ! Quelle émotion de voir notre petit Nordine, si
jeune encore, si mal assuré sur ses patins, tituber et passer dans
le plus beau des vracs ce sacré tournant de l’hôtel, sous les vivas
des spectateurs ! Quelle émotion que notre JB déguisé en Benoît,
nous faire du Gamba bien propre et bien tranquille dans la mêlée
générale, sous les « allez Benoît ! » de la foule qui confond !
Quelle émotion d’apprendre qu’Eddy s’est blessé jusqu’au sang, sur
une figure inédite (chute en grand écart)… avec l’élastique de son
slip !
Pendant ce temps, Benoît calcule toujours ses trajectoires.
Nous voici donc aux qualifs… 1er run, bof bof… à part notre tout
petit Nordine, royal : on l’aurait presque pris pour un autrichien,
c’est dire. Christian retombe sur la tête. Vincent rame, mais c’est
beau. Eddy fait du spectacle sur moitié mouillé moitié sec, on n’est
pas au parc quand même ! Romain rame, mais c’est beau. Mathias fait
le clown, c’est normal. JB est tout propre, mais rame. Benoît
calcule ses trajectoires. Les Autrichiens, dont Nordine (2ème !),
sont bien loin devant. Le Galliazzo pas très loin derrière. Chez les
filles, Séverine nous fait peur très loin derrière Gabby et la sœur
Ladurner.
2ème run, c’est la transformation, tout le monde se révèle.
Christian, tel Hulk, explose son chrono, à défaut de son lycra, dont
j’avais soigneusement renforcé le postérieur. Eddy et Romain gagnent
neuf secondes chacun, ce qui est beau pour une petite et une grande
crevette. JB se qualifie, malgré ses doutes. Vincent rame encore
mais se qualifie. Nordine, toujours royalement autrichien.
Benoît a fini de calculer ses trajectoires, il pose son équation
magique, extraordinaire passage : même Galliazzo, gigantesque, vient
le voir, lui serre la main (qu’il lui broie) en disant « Bravo
Gamba, bravissimo : spettacolario ! ». Spectaculaire deuxième temps
des qualifs ! Lionel aussi a joué les Hulk et gagné près de 8
secondes sur son premier temps.
Finale : je suis en train de cuire au soleil, j’ai oublié ma crème
solaire. Quelle angoisse ! La route est sèche… Et tout va trop vite…
Notre Eddy se lâche, tant pis pour l’élastique : 19ème temps !
Enorme effort de Christian qui réalise un magnifique 16e temps.
Sublime Nordine, à l’autrichienne, puissance et technique, 9ème
temps, très applaudi (soit c’est la révélation, soit les Autrichiens
eux-mêmes ont confondu). Pour les crevettes qui rament : grand
modèle, Romain, très propre, 22ème temps ; petit modèle, JB,
toujours très classe pour sa première compèt, 32ème temps !
Benoît, magique crevette, pose ses trajectoires hallucinantes, ses
freinages « spettacolarii », nous fait rêver d’une 2ème place ! mais
voici les monstres de la descente, époustouflants : Ladurner
(Daniel), Galliazzo (l’Oscar) et Dobbler (Dominik), qui remportent
le podium… je vous jure que ça déplace de l’air ! Et Benoît est
rejeté en 4ème place… ce qui n’est déjà pas mal ! Pas mal du tout !
Cependant, cependant, les crevettes n’ont pas dit leur dernier mot !
Reste le border ! Notre Benoît accède facilement en finale. Et
quelle finale ! Ladurner, Dobbler, Lenoir ET Benoît ! Avec JB, nous
sommes à l’intérieur dans la dernière courbe, dans un pré. Moi j’ai
retrouvé ma crème solaire. JB essaie de ne pas marcher dans la bouse
fraîche tout en filmant. Et voici les Autrichiens (Ladurner et
Dobbler) lancés à pleine vitesse, au coude à coude. Notre Benoît les
suit ; pose un beau freinage à l’entrée de la courbe. Les deux
cousins s’engagent dans le virage, bataillent… sont légèrement
déportés à l’extérieur… je la vois, et JB la voit aussi, et tout le
monde la voit, cette petite fenêtre qui s’ouvre à la corde, et on se
met tous à hurler, hurler, et Benoît, magique, s’engouffre dans
l’espace, TRAJECTOIRE PARFAITE, maîtrise maximale… et quand les deux
cousins s’aperçoivent du problème, la crevette est déjà passée entre
les mailles du filet et elle pousse, pousse, pour conserver sa
vitesse ET SA PREMIERE PLACE ! Le speaker, ébahi, se mélange les
pinceaux et annonce triomphalement la victoire de Jean-Baptiste
Gamba. Je saute dans les bras de l’intéressé, qui se marre, qui est
très ému…
Ahlalalala… c’était beau, hein mon JB ?
La morale de cette histoire : faites bouffer Gamba ! Surveillez que
Nordine ne se fasse pas naturaliser autrichien ! Méfiez-vous de l’Hulk
qui sommeille en Christian ! Et vive les crevettes !
Piéranne, votre dévouée crevette
(Toute une finale sans crème solaire…)
PS : organisation très réussie, sauf un carton rouge au chronomètre
qui veut nous faire croire que Lionel, sans tomber, a perdu 35
secondes par rapport à son run de qualif’…
D'autres images : Vincent, nordine, eddy, christian
le podium des filles
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Premières aventures parisiennes
Pour quelques mois, je me retrouve exilé la semaine "à la
Capitale". Pour me faire patienter, attendant le retour du vendredi
soir, j'ai bien sur les roulettes !
Avec en arrière-pensée bien sûr d'avoir l'occasion de découvrir la
capitale et les rando qui la parcourent.
Afin de ne point m'égarer dans le dédales des rues parisiennes, je
commence par me perdre dans les méandres de la toile... et je
découvre qu'il existerait un animal fantastique qui le jeudi soir
subrepticement hanterait le pavé lutécien :
Une beletette à roulette !
Ma curiosité piquée au vif je ne note sur un post-it (à mon age il
faut commencer à ne plus faire confiance aveugle en sa mémoire)
l'heure et le lieu où cet animal peut être aperçu.
Bon comme de bien entendu le jour dit il pleut ! Un peu comme les
autres jours, alors qu'à la télé ils ne font qu'évoquer la
sécheresse généralisée sur la France! Je n'ose imaginer ce que doit
être une météo "normale" en Ile de France, la mousson ? J'opte donc
pour un repas ce soir là avec un copain en formation sur Paris pour
la semaine (à tout hasard je prends quand même mon sac avec les
patins). Après quelques Desperado accompagnées d'un peu de
consistant nous sortons du restau à 21H, le temps et sec et nous ne
sommes qu'à quelques encablures de la Bourse le lieu de rencontre de
la Belette (serait-elle fan de Jean-Pierre Gaillard ?). Je décide
d'aller voir.
Autant vous mettre en garde : j'était circonspect. Mes premiers
sentiments vis à vis des rollers parigots étaient plus que mitigés.
Lors que mes quelques sorties en solitaires les rouleux croisés se
répartissaient en 2 catégories :
- Les besogneux : Débutants ou technique hésitante, faciès crispé,
le regard rivé au sol, toute la concentration verrouillée sur leur
stress
- Les frime-rider : Fluides ou tendant d'en donner l'illusion, le
visage hautain, l'oeil un rien méprisant, le sourire devant être un
trait culturel complètement inconnu dans la contrée.
J'arrive devant le temple de la religion suprême des temps actuels
et là première surprise il y a un petit groupe d'une vingtaine de
roller (j'avoue qu'en provincial naïf je m'attendait à quelque chose
de plus anonyme avec 30 à 40 fois plus de participants). Ce n'est
pas pour me déplaire bien au contraire, mais je reste un peu en
retrait sur mes gardes. J'observe un peu les participants (et leurs
pieds bien sur !). Nous sommes le premier jeudi de juillet, la météo
a été hésitante toute la journée, il est donc difficile de dire si
le panel qui est sur la place est représentatif ou un peu
exceptionnel. La pyramide des ages est assez ouverte et toutes les
tranches d'age sont représentées. Les tenues vestimentaire sont
sobres et quelques uns portent le tee-shirt "La Belette à Roullette"
(les organisateurs sans doute). L'équipement dénote le pratiquant
régulier voir assidu (porte gourde, chaussures légères dans le sac
ou attachées à la ceinture). Je n'ai pas compté à l'unité près mais
la parité homme-femme du groupe pourrait servir d'exemple à bien des
partis politiques ou des conseils d'administration! Pour ce qui est
des rollers que du matériel technique de bon niveau mais rien
d'outrancier, une grande majorité de 4 roues, 2 ou 3 quad (ce qui
est bon signe, la plupart des quadistes possède "l'esprit roller"
qui chez les in-line est un peu dilué dans la masse) et une seule
paire de 5 roues.
Chacun est calme et discute en petit groupe (visiblement quasiment
tout le monde se connaît) personne n'effectue de figures ou de
galipettes pour se faire mousser en attendant le départ.
C'est parti, le groupe s'élance, nous empruntons un dédale de
petites rues, un peu de trottoir, un peu de rue, quelques passages
d'immeubles, quelques marches. Lorsque le groupe se disjoint une
très courte pause et on repart. C'est pas vrai! C'est exactement
comme nos petites virées entre copains le dimanche aprèm dans les
rues de Lyon! Tranquille, pas trop dur physiquement, ludique, plein
de petits passages sympas et/ou un peu techniques.
Je suis resté peu loquace, un peu en Lyonnais il faut reconnaître,
mais petit à petit les langues se délient, l'ambiance est
décontractée et les rapports basés sur la simplicité.
Le parcours est agréable, Comédie Française, Pyramide du Louvre,
passage de la Seine, Montparnasse. Je me rends compte que Nat a
essayé de me téléphoner, je la rappelle. Pendant la conversation la
rando prend l'ascenseur ! Une douzaine de riders en train de rigoler
dans l'ascenseur et j'ai du mal à faire croire à Nat que Paris est
tristounet !
Une courte halte devant une épicerie permet un ravitaillement
ponctuel et le goudron étant nickel à cet endroit permet quelques
essais de slides mais sans ostentation aucune. La balade continue
toujours sur un parcours original et bien choisi qui me permet de
découvrir des facettes très diversifiées de la ville.
Malheureusement, les Despé commencent a durement faire pression (oui
celles du resto du début! Vous suivez ou quoi ?!), un peu à contre
coeur je dis au revoir et je laisse le groupe pour retourner dans un
troquet.
Une fois libéré des affres houblonesques s'enclenche le deuxième
effet rando.
Comment ça vous ne connaissez pas le deuxième effet rando ? J'ai
découvert cette sensation très tôt après mes deux, trois premières
rando.
Lorsqu'une rando est terminé, en règle générale, il fait nuit, les
rues sont quasi désertes, tout est calme. D'un point de vue physique
et technique les muscles et les réflexes sont chauds. Les sensations
de glisse dans ces conditions sont incomparables ! Le cadeau dessert
après chaque rando !
A suivre .... (La prochaine fois, promis, je vous narrerai quelques
anecdotes sur mes virées au Bois de Boulogne....)
Pour ceux que cette petite histoire n'a pas découragés voici
quelques précisions :
Rando de la Belette à Roulette le jeudi soir à 21h devant le métro
Bourse (pour patineurs débrouillés) et bien sur le lien
indispensable :
site original qui sort du train train ordinaire et qui sent la
passion à plein nez :
http://www.ready-toon.com/
Jean-Michel
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